Vous avez sûrement déjà entendu parler de ce rapace, l’un des plus grands d’Europe. En réalité, le plus grand est le vautour moine, mais chuuut. Le gypaète barbu est unique par son plumage, ses vibrisses, son œil rouge, son torse orange, bref son style! mais aussi par son alimentation.. et parce qu’il reste rare. Alors c’est sur lui que les attentions se concentrent. Il a été exterminé le siècle passé. il est réintroduit de nos jours, à la faveur d’un programme européen « Life Gyp’Act ». Qu’en est il aujourd’hui?

La réintroduction du gypaète
La réintroduction a commencé en France à la fin des années 80. il ne restait que quelques individus du côté des Pyrénées, mais probablement aucun dans les Alpes. Les oiseaux réintroduits sont issus de centres d’élevage, pour ne pas aller prélever des jeunes dans la nature bien sûr. La réintroduction suit un processus bien rodé, pour notamment ne pas habituer le jeune gypaéton à l’humain et maximiser ses chances de survie.

Chaque année des jeunes sont réintroduits, notamment dans le Vercors et dans les Grands Causses, après avoir passé quelques semaines dans un taquet, sur une falaise qu’il considérera ensuite comme son lieu de naissance. Le jeune part ensuite « en voyage erratique » visiter d’autres terres. Mais généralement il revient à proximité de son lieu de naissance (son lieu de réintroduction dans notre cas).
Le succès du programme ne peut pas être immédiat mais il est tout de même en bonne voie. Il faut savoir que le gypaète ne peut se reproduire qu’à partir de l’âge de 7 ans, en moyenne. Et que si de bonnes conditions sont réunies, un couple élèvera au maximum un seul poussin par an. On se rend ainsi compte de la fragilité de l’espèce.
Présence du gypaète barbu en France
On estime aujourd’hui qu’il y a moins de cent couples de gypaètes en France. Les effectifs sont en légère augmentation. Mais il suffirait de 4 à 5 gypaètes de plus qui meurent chaque année pour voir la courbe s’inverser. il y a d’ailleurs encore régulièrement de nos jours des individus abattus ou empoisonnés (en lien parfois avec l’empoissonnement du loup). Pour rappel, tous les rapaces sont protégés en France depuis 1972.
Ces oiseaux ont aussi besoin de leur quiétude. Les tentatives de reproduction sont suivies, autant que possible, par des bénévoles. Les activités extérieures, comme l’escalade ou le parapente, sont celles qui peuvent nuire le plus à l’espèce car elles passent à proximité des aires (nids), souvent sans le savoir.

Ces oiseaux, nécrophages, nous rendent un grand service de nettoyage des carcasses d’animaux (sauvages et domestiques). Ils évitent ainsi la prolifération des maladies et nous économisent l’équarrissage et le transport lié.
Pour les admirer dans leur milieu et dans la bonne pratique, une bonne option est de les observer avec un accompagnateur en montagne ornithologue.
N’hésitez pas à me contacter pour en parler.
Sources
https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/rapaces/gypaete-barbu
Photos de Jean Claude Durand et Emile Barbelette (LPO)

